Daniel Biro : « Toujours garder la musique au niveau le plus élevé possible » (Interview)

Si vous êtes des habitués de notre magazine, vous n’êtes pas sans savoir notre goût pour la recherche et la découvertes des artistes qui sortent du commun et qui pensent leurs créations autrement. En effet, à une époque où les genres tendent à s’uniformiser, où l’offre est plus nombreuse que jamais, certains artistes font le choix de l’apport artistique personnel, se fichant ainsi des normes commerciales pour notre plus grand plaisir. Daniel Biro fait partie de ceux-là, ces artistes qui ont décidé au fil des projets de nous livrer un son instinctif dont les qualités de production, de composition, de réalisation sont impressionnantes. Vous pouvez dès à présent le découvrir dans son dernier projet intitulé 120 Onetwenty disponible sur son site internet.

Nous avons voulu en savoir plus sur l’artiste et le moins que l’on puisse dire est que nous  n’avons pas été déçus :

1- D’où venez-vous?

J’ai grandi en Italie et en France mais j’ai ensuite déménagé à Londres pour mon travail. Mes parents sont originaires d’Europe de l’Est.

2- Comment avez-vous commencé la musique ?

J’ai commencé à apprendre le piano quand j’avais neuf ans. Je n’étais pas très intéressé par la musique classique mais heureusement il y avait cette incroyable école de jazz à Monaco où j’ai fini par passer huit ans. J’ai tout appris là-bas. J’ai beaucoup joué en live mais j’ai aussi beaucoup écrit. J’ai toujours été plus intéressé par la composition que par la virtuosité.

3- Vous souvenez-vous de la première chanson que vous ayez composé ?

En fait oui. Je devais avoir environ 11 ans. C’était un long morceau instrumental de «poème tonal» qui devait décrire un monde mythologique mystérieux. Je peux encore me souvenir de certaines mélodies. Je suppose que je fais toujours ce genre de chose aujourd’hui …

4- Qu’avez-vous appris alors que vous utilisez encore dans votre musique aujourd’hui?

Mon professeur de jazz m’a appris à garder l’intégrité de ma musique. Ne jamais céder aux pressions commerciales juste pour être aimé. Toujours garder la musique au niveau le plus élevé possible. J’ai aussi appris à improviser, ce qui reste mon mode d’expression préféré. Juste m’asseoir avec mes instruments et jouer. J’utilise l’improvisation comme un moyen de créer des compositions instantanées sur lesquelles je reviens et travaille en détail. Spontanéité mélangée avec l’artisanat.

5- Quel genre de musique écoutiez-vous en grandissant?

Oh. Beaucoup de choses. Mon frère aîné Nico, à qui j’ai consacré l’album «120 onetwenty», ramenait toujours à la maison tous types d’albums. Motown, Pink Floyd, Yes, Mike Oldfield, Vangelis, Santana. Mais ce qui m’a vraiment impressionné, c’est toute cette histoire de jazz-rock. Mahavishnu Orchestra, Return To Forever, Weather Report, Herbie Hancock. Ce truc m’a juste donné envie de devenir musicien.

6- Pouvez-vous définir votre musique pour nous?

Cela dépend beaucoup du projet sur lequel je travaille. J’ai fais des chansons, de la musique expérimentale électro-acoustique, du jazz-fusion, de la musique de film, de l’ambient, de l’improvisation. Mais je suppose que j’ai un style et une couleur personnelle qui ressortent dans tous ces genres.

7 – Parlez-nous de votre projet OneTwenty?

Avec ‘120 onetwenty’ je voulais vraiment faire mon ‘album de clavier’. Seuls les sons analogiques: Moogs, Clavinets, Hammonds et, bien sûr, mon instrument principal, le piano Rhodes que j’aime passionnément. Mon inspiration était toute la musique électronique des années 70 que j’écoutais comme Tangerine Dream, Klaus Schulze etc. mais aussi les claviéristes électriques comme Chick Corea, Joe Zawinul, Herbie Hancock et George Duke. La musique du label ECM a également été une grande source d’inspiration. C’est un mélange de toutes ces influences. Je voulais faire une longue pièce continue qui avait du sens. De plus, je me suis fixé le défi de le faire à 120 bpm, d’où le titre. Un tempo moyen pour un long voyage.

8- Que voulez-vous que les gens retiennent de ce projet?

Les émotions des sons. Bien qu’il y ait des mélodies et des harmonies, j’espère que l’auditeur aura plaisir à nager dans les textures des sons eux-mêmes et à composer ses propres images mentales sur ce voyage d’une heure. J’espère qu’ils relieront leurs histoires intérieures à mon récit musical.

9- Qu’en est-il des concerts, en avez-vous dans le futur ?

Pas vraiment mais j’ai l’intention de faire quelques concerts live en ligne cette année. Si une bonne occasion se présente pour une performance en solo, je pourrais le faire. J’aime l’idée de performances électroniques improvisées. Un peu comme Tangerine Dream avait l’habitude de le faire dans le temps. Nous verrons….

10 – Que pouvons-nous vous souhaiter?

Vendre beaucoup de CD et de téléchargements pour pouvoir payer mon prochain projet … Les gens veulent de la musique gratuitement ou pour presque rien aujourd’hui, mais les artistes indépendants ont besoin de soutien pour continuer à faire ce qu’ils font. Sinon, il n’y aura bientôt plus de musique. Personne ne veut ça …

 

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