Après presque une décennie à graviter dans les marges fécondes de la scène danoise – de son projet solo Aperly High aux aventures collectives SENSO, Wheelie Xtender Group ou Josiah Konder – Albert Hertz choisit enfin d’avancer à visage découvert. Avec “String Life”, le musicien de Copenhague signe le premier chapitre d’une mue attendue : celle d’un auteur-compositeur prêt à porter son propre nom.
Dès les premières mesures, le morceau s’inscrit dans une filiation assumée, quelque part entre la fragilité d’Elliott Smith et les paysages mélancoliques des Red House Painters. Guitares vibrantes, batterie en halftime, nappes de violons presque orageuses : l’ensemble respire les années 90 sans jamais tomber dans la citation nostalgique.
Mais “String Life” est avant tout une affaire de tension intérieure. Hertz y explore l’ivresse amoureuse comme un débordement permanent. La voix, plus nue que dans ses projets précédents, laisse filtrer une vulnérabilité troublante. Quand le refrain éclate, on a la sensation d’un trop-plein qui cherche l’air, d’un cœur qui cogne contre sa propre cage.
Puis vient l’apaisement. Le mantra du titre — laisser la vie résonner comme une corde que l’on accorde — agit comme une leçon de lenteur. Ne pas se précipiter. Laisser vibrer. Avec ce premier single sous son nom, Albert Hertz ne fait pas qu’ouvrir une nouvelle page : il en soigne déjà la résonance.

