Le second opus de Mattock, baptisé Daughters, s’impose comme une magnifique anomalie dans le paysage musical actuel. Loin des productions lisses et standardisées, cet album transpire l’authenticité d’un projet façonné à la main. Il s’agit d’un enregistrement fait maison, compilé par un collectif de musiciens dotés de studios modestes, mais riches d’années d’expérience partagée.
L’écriture de Daughters, signée Casey Brandt et Jason Fletcher, ne doit rien au hasard. Les morceaux ont mûri pendant un an de répétitions intensives avant la moindre prise de son. Cette maturation minutieuse a permis au groupe de s’appuyer sur leur ressenti intuitif de chaque composition. Les pistes de batterie initiales ont ainsi servi de ligne directrice pour le reste des arrangements. C’est une méthode de travail organique, déjà éprouvée lors de la création de leur premier album, Songs About Birds.
L’album brille par son processus collaboratif et fragmenté. Les fûts et les guitares principales ont été capturés chez Jason, fixant l’énergie brute du duo. À distance, John Ranta et Jay St. Peter ont greffé leurs lignes de basse analogiques, tandis que Jason Gambrell enrichissait l’ensemble de ses claviers et de ses voix. Enfin, Casey a posé ses chants et ses textures de guitares additionnelles.
Le résultat final est un assemblage de textures feutrées et de folk-rock habité. De la tension psychédélique de Holy Boat à la douceur mélancolique de Boring Life, Daughters captive par sa sincérité. Mattock livre ici une œuvre brute, imparfaite et profondément vivante. Nous allons vous recommander de prendre quelques minutes de respiration et de plonger dans cette belle surprise ci-dessous :

