Essai : Pour quoi et comment la musique fait-elle effet sur nous ?

L’une des choses les plus apaisantes que les sociétés n’aient jamais inventées est la berceuse. Dans la quasi-totalité des cultures de cette planète, les mères ont bercé leurs bébés afin de les endormir. On évitera d’ouvrir le débat sur la naissance de cette forme de croyance car impossible à identifier le temps de recherche et d’écriture d’un essai de ce type étant infiniment petit.

Le point le plus important d’une berceuse n’est pas le texte mais bel et bien la mélodie. C’est elle qui nous tranquillise. Elle peut se présenter sous la forme d’un battement ou d’une douce suite de notes agréables à l’écoute. En effet, le bébé ne comprend pas les paroles d’une chanson mais le son produit sur lui l’effet escompté.  Ils nous montrent ainsi que nous sommes tous des êtres de son avant d’être des créatures de compréhension. En tant qu’adulte, nous saisissons bien sûr la signification des mots mais il reste ce que certains pourraient appeler « ce je ne sais quoi », ce rapport sensoriel à la musique qui affecte beaucoup plus que ne pourrait le faire un argument ou une idée. Plus fortement que la philosophie, la musique peut à bien des égards influencer notre comportement. Souvenons-nous de la fascinante histoire d’Orphée.

Héro de la mythologie grecque, poète et musicien, qui a dû ramener sa femme des enfers. Pour vous faire un court résumé :

Alors qu’elle danse dans un champ avec des Nymphes, Eurydice pose son pied sur un serpent venimeux qui la mord et lui fait perdre la vie. Rempli de chagrin, Orphée va décider d’aller la chercher aux Enfers gardés par un chien féroce à trois tête nommé Cerbère. Orphée aurait joué une musique si douce et enchanteresse que la bête sauvage s’était calmée et devint – pendant un moment – douce et docile.

Cette mythologie est tout simplement un rappel du pouvoir psychologique de la musique. Pour arriver à son but, Orphée n’a pas discuter avec Cerbère en lui expliquant à quel point il était important pour lui d’être autorisé à passer. Par la situation, ils étaient tous les deux en position de détresse, immunisés à la raison mais ouvert à l’influence.

Lorsque nous sommes fâchés, désagréables, nos proches essaient de nous réconforter en nous mettant face à des idées, des faits pour influencer notre point de vue et des arguments prudents pour calmer notre détresse. Ne serait-il pas plus efficace comme pour Cerbère, de réconforter avec la musique avant pourquoi pas, de décliner des idées et des arguments ? Une question qui induit sans aucun doute un grand changement dans notre rapport à la musique.

Photographie © Opéra National de Lorraine

 

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