Bellhead dont nous découvrons le catalogue musical, signe son retour avec Threats, un EP coup de poing paru chez Oppressive Sky Records. Le duo formé par Ivan Russia et Karen Righeimer-Schock, fidèle à sa formule atypique — deux basses, pas de guitare — poursuit son entreprise de subversion sonore avec une maturité nouvelle et un sens aigu du contraste. Depuis Unicorn Bones, leur première sortie remarquée, Bellhead navigue entre darkwave, gothique, indus et rock alternatif, tissant des ponts entre scènes et esthétiques.
Avec Threats, ils franchissent un seuil. Plus qu’un simple prolongement de leur univers, l’EP s’impose comme une mue. Visuellement d’abord : le noir et blanc emblématique cède la place à un jaune vif, presque criard, comme une alerte. Fini l’anachronisme de façade : le duo se montre, frontalement, dans une pochette où leur présence devient promesse. C’est une manière de dire : voici qui vous menace, voici qui assume.
Musicalement, Bellhead affine son art. Les cinq nouveaux titres frappent juste, bruts et poétiques. Mention spéciale aux remixes : Clubdrugs fait de “Heart Shaped Hole” un trip spectral digne d’un manoir halluciné, tandis que Chris Hall (Stabbing Westward) insuffle une rage club dans “Bad Taste”, le transformant en catharsis dansante. La production, signée Neil Strauch et Carl Saff, met en lumière une écriture plus audacieuse, presque narrative.
Threats n’est pas un simple avertissement : c’est une déclaration. Une onde de choc bien réelle, intensément actuelle. Avec cette nouvelle salve, Bellhead confirme qu’il ne se contente pas de hanter les marges — il les redessine.

