C’est clair, il y’a des albums qui soignent, d’autres qui enveniment. The Art of Burning Bridges fait les deux. Avec ce premier opus, The Sunmills, trio venu de Highland (Utah), livre une chronique débridée de leurs propres déraillements émotionnels. Un disque qui ne cherche pas à redorer le blason de la stabilité, mais qui célèbre, dans une explosion de guitares distordues et de basses funky, la beauté du chaos assumé.
Dès « Take Me Away », le ton est donné : le groupe propulse son auditeur dans une tempête de pop-punk effervescente, quelque part entre la rage libératrice d’un début de rupture et l’euphorie d’un départ sans retour. La suite enchaîne les claques sonores : « Not Going Home », portée par une ligne de basse qui transpire les influences de grandes figures du genre comme les Red Hot Chili Peppers, mêle urgence et nonchalance dans un groove irrésistible. Puis vient « Rock and Roll », véritable clin d’œil méta à la condition de musicien, entre rêve et désillusion, amplis et matelas sur le sol.
Mais c’est avec « Burning Bridges » que The Sunmills signe leur manifeste. Un cri du cœur déguisé en hymne de stade, aux refrains hurlés comme des mantras, et aux paroles cinglantes : « Yeah I keep burning bridges, burn ’em down to the ground ». Pas de filtre, juste une lucidité acide.
Avec cet album, The Sunmills ne cherchent pas à plaire — ils cherchent à exister, bruyamment. Et ils y parviennent, en transformant chaque ruine personnelle en moment de danse. Sans plus attendre, plongez dans cette belle surprise ci-dessous :

