Moon Walker ne joue pas la carte du sourire facile. Avec « HAPPY FACE », le groupe frappe là où ça cogne, et derrière les apparences policées du titre se cache une énergie brute, presque viscérale. Dès les premières mesures, la tension monte : la batterie martèle, la guitare tranche, et la voix, aussi charismatique que trouble, embarque l’auditeur dans un tourbillon d’émotions.
On sent que rien n’est laissé au hasard, mais tout respire le vivant. La production est léchée, sans jamais étouffer le naturel. Les riffs, secs et nerveux, s’imposent avec une efficacité redoutable. La rythmique, entêtante, crée une boucle qui obsède autant qu’elle libère. On ne ressort pas indemne de cette écoute, tant chaque élément semble chargé d’une urgence presque physique.
« HAPPY FACE » joue avec les contrastes : une façade pop-rock assumée, mais un fond noirci par le doute, la critique et l’ironie. On devine derrière ce masque souriant une tension sociale, une rage contenue, un refus de feindre.
Moon Walker réussit un coup de force rare : proposer un titre immédiat, addictif, sans sacrifier la profondeur ni l’authenticité. Un morceau qui claque, qui marque, et surtout qui ne ment pas.

