Avec « Bread & Circuses », Powers of the Monk frappe fort. Le duo, composé de David S. Monk et CasSondra “Pontiac” Powers, signe un titre qui se vit comme un vertige. Ici, la musique s’empare d’un récit troublant : celui d’un patient schizophrène persuadé de s’évader de son établissement psychiatrique pour plonger dans un cirque halluciné, où les lions se repaissent des clowns. Une vision surréaliste, à la fois intime et sociale, qui place l’auditeur face au miroir de ses propres distractions modernes.
Musicalement, la formule est redoutable. La guitare et les claviers de Monk posent un décor en clair-obscur, tandis que le violon de CasSondra s’élève comme une respiration fragile. Et soudain, la rythmique s’impose : John O’Reilly Jr., invité derrière les fûts, insuffle une énergie brute, renforçant l’impression d’instabilité permanente. L’ensemble oscille entre douceur et chaos, équilibre précaire qui colle parfaitement au sujet.
Mais ce qui marque également, c’est l’attention portée aux détails. Des bruits de moniteurs médicaux, des rugissements parfois, des nappes sonores à la limite de l’inconfort : tout participe à créer une immersion totale. On n’écoute pas seulement « Bread & Circuses », on y entre comme dans une scène de théâtre mental.
Powers of the Monk parvient à transformer un thème lourd en un voyage artistique saisissant. Avec cette pièce, le duo confirme son goût pour l’audace et pour des chansons qui ne laissent pas indemne. « Bread & Circuses » n’est pas un simple morceau : c’est une expérience qui bouscule et fascine.

