Chez JOA, la pop se fait dépouillée, presque respirante. Feel Sorry, son nouveau single, nous emmène au cœur d’une vulnérabilité brute : Johanna Skippervold renonce aux artifices pour laisser parler la souffrance.
La voix de JOA est comme un murmure posé sur un fil fragile — on ressent immédiatement qu’elle se livre sans filtre. L’instrumentation très minimaliste l’accompagne avec délicatesse : quelques notes éparses, des silences bien placés, des espaces qui laissent résonner l’émotion. Le choix de cette sobriété sonore ne cherche pas à combler, mais plutôt à creuser, à creuser jusqu’à la vérité.
Ce dispositif artistique fonctionne comme un miroir : chaque silence, chaque note retenue, met en lumière les doutes et les regrets portés par les paroles. On a l’impression d’assister à une confession, un instant suspendu, où la chanteuse croit au poids de ses propres mots — et on la croit.
Au-delà du simple morceau pop, Feel Sorry apparaît comme un moment d’introspection profonde pour JOA : elle n’a pas peur d’adopter une posture fragile, de laisser une part de terreur poétique s’installer dans l’air. Dans sa discographie, où certains titres étaient plus rythmés et structurés, cette chanson se distingue par son humanité nue.
Feel Sorry n’est pas une ballade triste : c’est une ballade vraie, sincère, habitée. Et, dans cette honnêteté, JOA touche juste — elle nous fait ressentir que parfois, s’excuser reste le chemin le plus courageux qu’on puisse emprunter.

