Dans la galaxie discrète mais persistante de l’indie rock, Stoat avance depuis la fin des années 80 avec une constance admirable : écrire des chansons qui regardent la vie droit dans les yeux, mais avec un sourire en coin. Leur alt-pop joue souvent le rôle d’un compagnon de route, jamais d’un échappatoire. Avec « Things I Learned in Therapy », le groupe signe l’un de ses titres les plus intimement lucides.
La chanson s’attarde sur un moment familier : celui où l’on sait qu’on sur-analyse tout, qu’on creuse mentalement des tunnels qui ne mènent nulle part, mais où l’on continue malgré soi. Stoat ne théorise pas, ne dramatise pas non plus. Il raconte ce vertige intérieur avec une tendresse presque désarmante. Les guitares, légères comme une conversation nocturne, portent une voix qui semble plus confier qu’affirmer.
Ce qui frappe, c’est cette manière organique de mettre en musique les contradictions humaines. On y entend la gratitude pour ce qui va bien, mais aussi cette fragilité : l’idée qu’une simple étincelle d’espoir peut parfois bouleverser un équilibre durement gagné. Stoat pose cela sans fard, avec une sincérité qui échappe aux artifices.
Dans un paysage musical souvent tenté par la posture, ce morceau rappelle l’essentiel : parfois, dire qu’on apprend — ou qu’on échoue à apprendre — suffit déjà à respirer un peu mieux. Stoat ne délivre pas de solution, mais une présence. Et c’est précisément ce qui résonne.

