Une pulsation discrète, un souffle au piano, puis une montée presque instinctive : « Take Control », la nouvelle pièce de Mischa Blanos, s’installe comme une affirmation douce mais déterminée. Le pianiste et compositeur roumain poursuit ici son exploration singulière, lui qui navigue avec une aisance rare entre la rigueur des salles philharmoniques et l’énergie brute des clubs européens. Cette double appartenance se ressent dès les premières mesures : un geste classique, une résonance intime, immédiatement rattrapés par une tension électronique ciselée.
Blanos façonne ce morceau comme un appel intérieur, un rappel à la lucidité dans un monde saturé de pressions invisibles. La virtuosité du piano ne cherche jamais l’esbroufe ; elle sert une narration, une respiration, une forme de résistance calme. Le titre porte bien son nom : reprendre prise, regagner du terrain, prendre position — non pas par le discours, mais par le son.
La méthode de composition, fondée sur une carte mentale créative, donne à l’ensemble une architecture vivante. Chaque idée se transforme en module musical : une texture, un motif, une ligne rythmique, un courant émotionnel. Le morceau évolue comme une pensée qui se clarifie, un tracé qui se resserre.
Dans « Take Control », Blanos propose plus qu’un titre : une trajectoire, une force tranquille, un espace où l’on respire mieux. Une œuvre qui rappelle que la maîtrise commence souvent là où naît la musique.

