Avec Smoke & Sex, Switch the MC signe un chapitre essentiel de sa trilogie Comme Moi. Ici, le rappeur franco-britannique délaisse la colère contenue de son premier volet pour plonger dans un univers plus sensuel, plus intime, porté par des productions façonnées avec des beatmakers nigérians et béninois. L’EP respire l’afrobeat, la tension émotionnelle et l’héritage culturel assumé.
Dès les premières secondes de « 6 AM », Switch pose les bases de ce voyage intérieur. Le morceau, métissé de français et d’anglais, s’appuie sur un beat accrocheur qui capte immédiatement l’oreille. Le refrain, presque instinctif, révèle des influences UK rap qui se glissent naturellement dans son flow. C’est une ouverture élégante, vivante, qui installe l’atmosphère du projet tout en dévoilant la palette linguistique de l’artiste.
Avec « Stretch », le rappeur retire les artifices : pas d’autotune, juste un kick solide et un flow jeté avec assurance. Ce titre ramène Switch à l’essentiel, rappelant qu’au-delà de l’esthétique, il possède cette capacité rare à transmettre une émotion brute. On y voit l’artiste en pleine ascension, sûr de son identité mais prêt à s’aventurer sur de nouveaux terrains.
Au centre du projet, l’éponyme « Smoke & Sex » impose son éclat. Une voix féminine ouvre le morceau, donne le ton, puis Switch reprend le flambeau dans un deuxième couplet qui dialogue avec elle. Le refrain, doux et entêtant, se marie à un solo de guitare électrique qui apporte une profondeur inattendue. C’est sans doute le titre le plus accessible, sans perdre la singularité du projet.
Enfin, « Betty » referme l’EP avec une énergie tranchante. Le flow incisif, le beat efficace, le delivery brut rappellent ce que Switch maîtrise mieux que tout : la sincérité sans maquillage.
Avec Smoke & Sex, Switch the MC affirme une direction artistique claire, organique et prometteuse — celle d’un artiste qui avance avec cœur et précision.

