« Free To Go » — la décharge électrique d’Electric High

Un an à peine après avoir secoué la scène rock avec leur premier album, Electric High remet les amplis à fond avec Free To Go, un disque né dans l’urgence, comme un réflexe vital. On raconte que ce groupe norvégien s’est formé au détour d’une nuit alcoolisée à Bergen, sans que ses membres ne se souviennent réellement de l’instant où tout a basculé. Cette anecdote, mi-fable, mi-légende fondatrice, colle parfaitement à l’ADN du groupe : spontané, imprévisible, farouchement instinctif. Là où leur premier opus ressemblait à un manifeste mûrement élaboré, Free To Go surgit comme une déflagration, brutale et sans filtre.

Dès que « Thick As Thieves » ouvre le projet, l’album s’impose avec une évidence presque animale. Le riff pèse, la batterie avance telle une marche militaire, et les voix — tendues comme des cordes prêtes à rompre — transforment la tension en énergie pure. On ressent immédiatement cette sensation d’électricité statique qui précède l’orage : quelque chose va éclater, et Electric High choisit d’en faire une célébration sonore.

Ce fil incandescent se prolonge avec « Close To Be », un morceau où la puissance n’écrase jamais l’émotion. Le riff progresse comme une tempête contenue, la voix cherche la brûlure du contact, et tout semble se jouer sur ce fil fragile entre rage et tendresse. Plus loin, « Ain’t Got Nothing But Time » roule comme une machine infernale, avec l’assurance insolente de ceux qui n’ont aucun compte à rendre.

Puis vient « Blow A Fuse », catharsis assumée, avant que « Feed Me A Groove » ne conclue l’album par une pulsation hypnotique. Free To Go confirme qu’Electric High ne se contente pas de jouer du rock : il l’incarne, il l’explose, il le vit.

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