Avec The Misery, Luke Potter signe l’une de ses sorties les plus intimes, un titre qui s’installe doucement dans la tête avant de venir serrer le cœur. À première écoute, la chanson pourrait passer pour un morceau pop-country enjoué, légère parenthèse dans un catalogue déjà riche en mélodies lumineuses. Mais derrière cette façade rythmée, on entend très vite autre chose : une fragilité assumée, presque palpable, qui donne au titre son vrai poids émotionnel. Comme nous, vous allez êtres emportés dès les premières mesures.
Le contexte n’est pas anodin. L’artiste confie avoir traversé un bouleversement personnel majeur : « L’an dernier à Noël, je postais une photo de moi et de ma femme, comme si le monde nous appartenait. Trois mois plus tard, tout était terminé. » Cette rupture, survenue à contretemps, irrigue tout le morceau. Mais Potter évite le pathos. Il délivre plutôt une confession retenue, portée par une écriture qui interroge les traces laissées par les longues relations : les questions qu’on ne formule qu’après coup, les certitudes qui s’effritent, les leçons qui émergent malgré tout. Les mélodies sont familières, le ton est posé, l’instrumentation est délicate, le message est profond, l’artiste propose un singe e qualité.
Ce qui frappe, c’est l’équilibre. La production respire, laissant la voix — claire, légèrement éraflée par l’émotion — se déployer sans artifice. Potter chante sans chercher à prouver quoi que ce soit : il raconte, simplement, et c’est cette simplicité qui touche droit au cœur.
The Misery n’est pas seulement un récit de rupture. C’est un instant suspendu, un morceau qui accompagne la transition entre ce qui était et ce qui commence à peine. Une chanson qui, paradoxalement, console autant qu’elle remue. Une preuve, une fois encore, que Luke Potter sait transformer sa vulnérabilité en musique profondément humaine.

