Avec Stories, lizardream signe l’un de ces titres qui semblent naître d’un souffle ancien, comme si la chanson avait longtemps dormi dans un recoin de mémoire avant de se laisser apprivoiser. Le groupe israélien d’indie-rock, habitué aux récits sensibles et aux paysages sonores organiques, offre ici un morceau qui relève autant de la confidence que de la guérison.
Dès les premières notes, la chanson s’ouvre comme une pièce intérieure. La guitare, légère mais enveloppante, tisse un fil qui nous guide dans un décor où les émotions ne cherchent pas à se cacher. Les percussions, discrètes mais texturées, installent un mouvement presque cinématographique, rappelant la façon dont certains souvenirs ne reviennent pas d’un bloc, mais par fragments, éclats et silhouettes.
La chanteuse évoque « l’enfant que j’ai été », celle qui observait en silence les adultes autour d’elle, leurs silences, leurs regrets, leurs mondes laissés derrière eux. Cette perspective innocente, jamais naïve, confère à Stories une charge émotionnelle rare. On y entend la solitude vécue par procuration, mais aussi ce désir tendre d’apporter un baume à ceux qui, sans le savoir, ont façonné son regard. À chaque performance, le groupe dit avoir l’impression d’offrir aux adultes d’autrefois un geste de réparation.
Dans cette tapisserie sonore, chaque instrument semble porter une part du récit, comme si la chanson elle-même devenait lieu de passage : mélancolie d’un côté, transcendance de l’autre. Avec Stories, lizardream confirme sa force narrative et sa capacité à transformer une émotion intime en expérience collective. Une chronique de mémoire, mise en musique avec une honnêteté rare.

