“Call Me” s’impose comme un de ces morceaux qui transforment la moindre scène du quotidien en instant presque cinématographique. Avec ce titre, Uto Paradise rappelle combien sa musique sait glisser entre les pas, réchauffer une fin de journée ou accompagner une errance en ville. L’ambiance est maîtrisée, portée par cette énergie douce qui donne l’impression d’avancer dans un film dont on serait le personnage principal.
Le trio — Michel, Séverin et Maxime — puise dans une longue complicité musicale, entretenue au fil de concerts et de formations croisées. Cette cohésion s’entend dès les premières mesures : basse souple, guitares funk précises, rythme qui avance sans bousculer. Rien n’est laissé au hasard, mais tout paraît naturel. Comme souvent chez eux, la texture prime, travaillée patiemment jusqu’à trouver le grain juste.
Depuis Cheap Drinks puis Surprise Enterprise, Uto Paradise a installé une signature sonore faite de contrastes délicats : une chaleur rétro qui rencontre une modernité discrète mais assumée. “Call Me” poursuit cette esthétique et lui donne un relief nouveau, celui d’un titre pensé comme un état d’esprit. Un morceau pour garder le cap, pour maintenir une certaine humeur, pour marcher un peu plus droit même lorsqu’on mange des sushis de supermarché sur un parking.
Cette capacité à réinventer les petites scènes du réel fait la force du trio. La chanson n’impose rien : elle accompagne, elle nuance, elle élargit le cadre. Uto Paradise confirme ainsi son talent pour créer des espaces familiers où l’on se perd avec plaisir avant de retrouver son propre rythme.

