Dans le sillage de Miracle et Brother, What If s’impose comme une nouvelle étape dans la trajectoire émotionnelle d’Ady Suleiman. Véritable confession mise en musique, ce single extrait de son très attendu album Chasing s’appuie sur une toile sonore où le jazz se fait fumé et discret, offrant un écrin parfait à la vulnérabilité sans fard de l’artiste britannique.
Dès les premiers accords, What If nous plonge dans ce territoire familier où les pensées hésitent, où l’esprit s’interroge. Suleiman y explore des sensations d’insécurité, qu’elles émergent dans des interactions sociales ou au sein d’une relation amoureuse, comme si chaque et si… ouvrait une porte sur l’intime. Cette introspection n’est pas un simple exercice de style : elle devient le fil rouge d’un artiste qui forge son lien avec l’auditeur par l’honnêteté de ses doutes.
Musicalement, la production de Miles Clinton James enveloppe les mots d’une atmosphère de club enfumé, oscillant entre soul et jazz moderne, où la voix d’Ady se pose avec une délicatesse qui frôle la confidence. Loin des grands chœurs et des refrains clinquants, What If mise sur l’espace, le vide entre les notes, ces instants de respiration où se matérialisent nos propres hésitations.
Ce morceau s’inscrit dans une phase de renaissance pour Suleiman, revenu après une courte pause avec une série de singles aussi sincères qu’intimes. Chasing s’annonce comme sa déclaration la plus personnelle à ce jour, un album façonné entre Londres et Zanzibar, nourri de thèmes universels : amour, identité, héritage et santé mentale. What If ouvre cette conversation avec une délicatesse qui ne quitte pas l’esprit longtemps après la dernière note.

