Avec Photograph, Monotronic affine encore un langage sonore qui n’a jamais aimé les lignes droites. Le collectif mené par Ramsey Elkholy revient avec un titre dense, volontairement sombre, qui s’installe dans la durée plutôt que de chercher l’évidence immédiate. Ici, tout repose sur une tension progressive : nappes de synthétiseurs épaisses, textures électroniques troubles et voix transformée, presque fantomatique, comme si le récit se débattait avec sa propre perception.
La chanson agit comme une mise en garde intime. Photograph parle de l’illusion, de cette fascination dangereuse pour une image idéalisée, et de la perte de soi qui peut en découler. Cette thématique se traduit musicalement par une sensation de glissement permanent, jusqu’à un final saisissant porté par le violon de Jonathan Dinklage, dont l’intervention donne au morceau une ampleur quasi cinématographique, à la fois élégante et inquiétante.
Fidèle à son ADN, Monotronic refuse toute case définitive. Indie rock, pop, indietronica et influences glanées au fil des voyages d’Elkholy s’entrelacent avec naturel. Tourné à Austin, le clip prolonge cette approche dépouillée et émotionnelle. Extrait de l’album Waiting for You, attendu en 2026, Photograph s’impose comme l’une des propositions les plus fortes et assumées du projet à ce jour.

