Dès l’ouverture, Après Vous — EP sorti le 6 décembre 2025 — installe un mystère sonore qui ne s’échappe pas facilement de l’esprit. En cinq titres compacts, le duo Nata esquisse une trajectoire où les néons scintillent autant qu’ils questionnent, où la pop électro fuit les évidences pour mieux jouer avec nos propres désirs et doutes.
À Quel Point est ce tremblement initial, une piste qui cogne et caresse à la fois avec ses synthés bubblegum éclatants et une pulsation qui invite irrésistiblement à bouger. Mais sous cette surface euphorique saute un fil de malaise, une tension latente qui transforme la danse en introspection — comme si la piste devenue miroir renvoyait soudain la silhouette frémissante de l’auditeur. Marche ou Rêve et J’aurais Dû explorent des émotions contrastées tout en restant profondément dansantes. Marche ou Rêve entraîne dans une rêverie rythmée où la voix de Nata dialogue avec des synthés légers et hypnotiques. J’aurais Dû, aux influences disco-pop, transforme le regret en énergie euphorique portée par des basses et des mélodies scintillantes.
L’énergie de Nata ne réside pas seulement dans l’attrait immédiat de ses beats, mais dans la manière subtile dont elle sculpte l’émotion. Chaque chanson de Après Vous est une capsule d’intimité, où l’amour toxique, les regrets et la quête de rédemption se tissent dans la texture des couches synthétiques. La voix, parfois tendre, parfois puissante, épouse les reliefs de ces sentiments contradictoires, donnant aux paroles une profondeur qui résonne longtemps après que les dernières notes se sont évanouies.
Ce qui impressionne ici, c’est moins l’efficacité formatée d’un tube que la façon dont Nata transforme une formule pop dansante en une exploration viscérale de l’affect. Après Vous n’est pas seulement une collection de morceaux : c’est une traversée intérieure, une invitation à sentir la douleur, à l’embrasser, puis à danser avec elle jusqu’à ce qu’elle devienne lumière.
— Une parenthèse musicale où l’électro se fait confession et la fête, catharsis.

