Dès les premières mesures de Oblivion, Vital Virus s’affirme comme l’un des projets les plus intrigants de la scène rock/metal alternative suédoise actuelle. Originaire de Falkenberg, en Suède, ce collectif porté par le musicien qui se cache derrière l’identité Vital Virus a fait de l’émotion brute le pilier de son écriture, et Oblivion en est la manifestation la plus aboutie à ce jour.
Avec neuf titres au compteur, l’album embrasse sans complexe une esthétique où l’industriel flirte avec l’alt rock et le metal, créant des paysages sonores tantôt hypnotiques, tantôt tranchants comme un éclat de verre. Les guitares saturées s’entrelacent à des synthés dérangeants, tandis que la voix navigue entre chuchotements intimes et hurlements cathartiques. Cette dualité fait de Oblivion un disque profondément humain, hanté par la confusion, la perte et la colère, mais aussi par une force résiliente qui refuse de se laisser étouffer.
Parmi les pièces maîtresses, « Violate Me » instaure une atmosphère martiale étrange, où la voix chuchotée creuse le malaise avant de laisser place à un rythme presque ritualiste. À l’inverse, « I Am 2 » ouvre sur une ligne de basse accrocheuse avant d’introduire une mélodie vocale surprenante, presque accessible, qui lie habilement potentiel commercial et abrasivité rock. Ces contrastes rythment l’album et démontrent la capacité de Vital Virus à concilier intensité brute et mélodies qui s’ancrent durablement en tête.
Oblivion se présente comme une invitation au voyage intérieur, une traversée sonore où les émotions tourmentées deviennent matière musicale. À l’heure où beaucoup cherchent des sensations fortes, Vital Virus offre une expérience viscérale et réfléchie, un disque qui, malgré sa noirceur, trouve sa lumière dans l’honnêteté de son expression.

