Tony Frissore revient sur le devant de la scène avec « Bad Strategies », un morceau qui s’inscrit dans la lignée des chroniques musicales où le groove sert de miroir à l’époque. Ici, le funk n’est pas un simple décor sonore : il devient un langage, presque un outil d’analyse, pour questionner la manière dont les décisions prises au sommet finissent toujours par redescendre vers la base.
Dès l’introduction, la batterie et la basse tracent une ligne claire, compacte, sur laquelle viennent se poser claviers et guitare. Cette architecture rythmique donne au titre une énergie immédiate, mais jamais gratuite. Tony Frissore joue avec les codes du funk classique tout en les ancrant dans une tension contemporaine, celle d’un monde où la notion de responsabilité semble constamment mise à l’épreuve.
Le cœur du morceau se distingue par un solo d’orgue particulièrement expressif. Plus qu’une démonstration technique, il agit comme une pause réflexive, un instant où la musique semble poser la question centrale du titre : que se passe-t-il lorsque la stratégie l’emporte sur le principe ? Cette respiration renforce l’impact du retour du groove, encore plus appuyé.
Sans pointer du doigt qui que ce soit, « Bad Strategies » adopte une approche large. Le propos dépasse les individus pour s’intéresser aux mécanismes du pouvoir et à leurs effets collatéraux. Quand les dirigeants échouent, ce sont les citoyens qui encaissent. Tony Frissore transforme cette inquiétude en un récit musical cohérent, capable de faire danser tout en invitant à penser.

