Avec War Against Reality, K6R6NZ6N ne publie pas simplement un nouvel EP : il affirme une position. Celle d’une entité sonore qui se tient sur un seuil, entre formes musicales, entre états de conscience, entre présence et effacement. Issu des territoires sombres de la witch house et des dark electronics, le projet convoque aussi le dark trap, le post-punk, une rigueur industrielle et une esthétique black metal davantage perceptible dans l’intention que dans la structure.
Dès Rotten Hallucinations, l’auditeur est happé. Les nappes distordues s’étirent comme des fumées épaisses, les voix se fragmentent, presque méconnaissables, et le rythme semble flotter, refusant toute stabilité. Le malaise est immédiat, mais maîtrisé, comme si chaque son était placé pour troubler sans jamais relâcher la tension.
L’EP se déploie ensuite par touches complémentaires. Dust In The Shadows privilégie la répétition et l’espace, laissant respirer des pulsations lointaines et des voix fantomatiques. Le morceau évoque une présence diffuse, quelque chose de perdu mais toujours perceptible, renforçant cette sensation de limbes chère à K6R6NZ6N.
Avec Sathan Trismegistus, la musique devient rituelle. Les voix parlées prennent des allures d’incantations, soutenues par des textures industrielles lentes et pesantes. Le contraste entre retenue et intensité crée une tension sourde, presque physique.
War Against Reality s’écoute comme une épreuve plus que comme un divertissement : un bloc d’ombre cohérent, exigeant, qui persiste bien après le silence. Nous allons vous recommander de prendre quelques minutes de respiration et de plonger dans cette belle surprise ci-dessous :

