Avec « El sonido de la Luna », Ann Dreyfuz poursuit son exploration d’une pop sensible où l’émotion s’exprime sans filtre. Cette nouvelle chanson, portée par l’espagnol, s’inscrit comme une ballade mélancolique qui transforme l’intime en paysage sonore, entre douceur et vertige.
Chez Ann Dreyfuz, l’acte de composer n’a rien d’anecdotique. Écrire une chanson relève d’un besoin presque physique de communiquer, d’ordonner un monde intérieur fait de mélodies, de couleurs et de sentiments diffus. Sa musique naît de cette tension permanente, de cette gêne d’exister qu’elle convertit en matière artistique. Tantôt ballade, tantôt rock, parfois inclassable, son écriture refuse les cadres trop étroits.
« El sonido de la Luna » s’articule autour d’une image centrale, aussi simple qu’inatteignable : une distance si grande qu’un baiser devient aussi irréalisable qu’entendre le son de la lune. Cette métaphore donne le ton d’une chanson marquée par la résignation, celle d’un cœur fatigué qui comprend que l’amour exigerait de tordre le destin et d’aller contre l’ordre établi.
La voix d’Ann Dreyfuz, posée et fragile, guide l’auditeur à travers cette despedida sincère. La ballade oppose la banalité des scènes quotidiennes à l’immensité du cosmos, la solitude humaine à la froideur poétique de notre satellite.
Avec « El sonido de la Luna », Ann Dreyfuz livre une chronique émotionnelle sobre et profonde, confirmant sa capacité à transformer l’impossible en chanson et la distance en langage universel.

