Dans le paysage du rap qui ose se réinventer, Matt Hylom trace sa propre voie avec « Roller Skates », second extrait de son prochain album, paru début janvier 2026. L’Américain originaire de Charlotte fait entendre une musique qui ne se contente pas de rimer : elle respire, circule et nous embarque dans une promenade intérieure où chaque note compte.
Sur une base rythmique posée, la production étale délicatesse et espace, laissant au flow de Hylom toute la liberté de glisser, d’effleurer les mots comme on effleure l’asphalte en roller sous un ciel bas. Cette écriture musicale, qui mêle subtilement jazz et rap introspectif, ne cherche pas l’effet, mais plutôt un équilibre organique : un beat délicat, des accords qui ouvrent des respirations et un narrateur qui déroule ses pensées avec fluidité.
Ce qui frappe d’emblée dans « Roller Skates », c’est la manière dont l’artiste sculpte le silence autant que le son. Il ne rappe pas sur la musique ; il l’habite. Le style, loin d’être un simple ornement, structure l’ensemble, conférant à la piste une élégance presque cinématographique. L’instrumentation respire et occupe une place autant importante que le flow car bien mis en valeur, cette pause musicale est une belle surprise.
Dans une époque où l’hybridation des genres n’est plus une rareté, Hylom réussit pourtant à rendre cette fusion singulière : le rap ne cède rien de sa liberté, le jazz ne trahit rien de sa profondeur. « Roller Skates » n’est pas seulement un single : c’est une invitation à ressentir la musique comme une trajectoire, un mouvement continu, une glisse sans cesse réinventée.

