Quand Eyes On The Road a déboulé dans la discographie déjà singulière de Polly, c’était comme si Amalie Hannibal Petri, l’artiste danoise de 29 ans derrière ce nom de scène, invitait l’auditeur à monter à bord de son univers intérieur et à enclencher la première. La chanson, tout juste sortie en prélude à son prochain album Ice Skater, laisse deviner une transformation profonde : moins simple single, plus manifeste d’un virage artistique.
Dès les premières mesures, Eyes On The Road capture une atmosphère de voyage — un aller simple vers l’introspection, mais sans perdre de vue le monde qui défile. On y sent une artiste qui ne se contente plus de décrire des émotions, mais qui les traverse, avec une maturité nouvelle. Ce n’est pas un simple appel à avancer, c’est une invitation à observer le paysage intérieur et extérieur, à relier les points entre ce que l’on laisse derrière soi et ce qui nous appelle devant.
Le travail d’écriture de Polly, qui a signé textes et voix, s’y déploie avec une franchise intuitive. Associée à des collaborateurs à la production, la chanteuse construit une pop délicate, faite d’échos synthétiques subtiles et d’un sens de la dynamique qui soutient chaque mot.
Dans le contexte plus large de Ice Skater, ce single joue son rôle de jalon : il annonce une artiste en pleine réinvention, prête à embrasser une palette sonore plus large tout en conservant son timbre singulier — à la fois vulnérable et résolu.
Eyes On The Road n’est pas qu’un titre à ajouter à votre playlist : c’est une bande sonore pour ces moments où l’on prend la route, réel ou métaphorique, la tête pleine de souvenirs et le regard tourné vers ce qui vient.

