Avec « Overlord », Forgotten Garden signe une nouvelle chronique sensible et sombre, fidèle à cette identité indie mélancolique qui façonne le duo depuis ses débuts. À distance, entre le nord de l’Écosse et le Portugal, Danny et Inês Rebelo poursuivent ce dialogue musical entamé en 2019, construisant des chansons où la pudeur émotionnelle se mêle à une écriture dense, presque narrative.
Le morceau s’attaque à un thème ancien mais toujours brûlant : la fascination destructrice pour l’argent, le pouvoir et la cupidité. Le protagoniste, déjà comblé de richesses, en veut toujours davantage, persuadé d’évoluer au-dessus des règles communes. Derrière cette illusion de toute-puissance, se cache une existence dissimulée, faite de faux-semblants et de manipulations. Forgotten Garden transforme ce portrait en une parabole contemporaine, subtilement politique sans jamais sacrifier la dimension humaine.
Sur le plan sonore, « Overlord » déploie une matière riche et contrastée. La basse appuyée de Mel D installe une tension souterraine, rapidement rejointe par des guitares mélodiques, des nappes de synthé sombres et deux pianos qui dessinent un relief presque cinématographique. La batterie, énergique mais maîtrisée, maintient une pulsation constante. La voix d’Inês, d’abord fragile et voilée, s’élargit dans les refrains, laissant filtrer une colère contenue qui donne toute sa force au propos.
Nourri d’influences post-punk et d’un héritage vocal qui rappelle certaines grandes figures de l’indie contemporain, Forgotten Garden confirme avec « Overlord » son talent pour conjuguer émotion, élégance sonore et regard lucide sur les dérives de notre époque. Une pièce dense, immersive, qui s’écoute comme un court récit musical.

