Sur un tempo qui oscille entre house lourde et alt‑pop tranchante, Fishnets marque une étape charnière dans la trajectoire singulière de ChooKi. À peine deux minutes cinquante‑neuf de pulsations épurées et de synthés mordants qui, dès les premières secondes, happent l’auditeur dans une ambiance à la fois sombre et libératrice.
Produit, écrit et enregistré dans l’intimité de son home studio, le morceau refuse les conventions faciles. C’est un appel à revendiquer sa propre force, incarné par un groove obsédant qui rappelle les nuits effervescentes des clubs londoniens tout en restant fidèlement ancré dans une sensibilité électronique actuelle. L’alliage d’éléments alternatifs, de beats industriels et de lignes mélodiques pop dessine un paysage sonore à la fois élégant et rebelle – une fusion de genres où se rencontrent l’introspection et l’impulsivité.
La présence de Georgie Rose, à sa première apparition en featuring, apporte une coloration nouvelle. Sa voix, éthérée mais affirmée, s’insinue dans la production de ChooKi avec assurance, ajoutant une tension narrative profonde à Fishnets. Leur dialogue vocal se déploie comme un jeu de pouvoir : parfois fragile, souvent audacieux, toujours captivant.
Fishnets n’est pas simplement une piste à danser : c’est une expérience. Une trajectoire sonore – des murs du club aux couloirs de l’esprit – qui incite à lâcher prise, à se réinventer et à affirmer son autonomie dans l’effervescence des basses et la délicatesse des refrains. Ce morceau confirme ChooKi comme une figure à suivre dans l’univers alternatif, prêt à faire éclater les frontières stylistiques et à redéfinir les contours de la pop électronique d’aujourd’hui.

