Quand on écoute Reflets, le premier EP de Tim d’Aboville, on a l’impression d’être invité dans un salon parisien baigné de lumière, guitare en main, prêt à entendre une confession musicale. Ce cinq‑titres n’est pas seulement une première sortie : c’est un manifeste intime d’un artiste qui s’est affranchi des codes pour privilégier l’émotion brute et la proximité du partage.
Loin des productions formatées, Tim a écrit et presque entièrement produit cet EP dans son appartement parisien — un espace modeste mais riche en textures sonores organiques — privilégiant une esthétique DIY qui respire la chaleur humaine. Chaque accord de guitare, chaque souffle de voix semble capturé avec une attention artisanale, comme si l’artiste souhaitait que l’auditeur entende toutes les nuances de son parcours et de ses réflexions.
Ce qui frappe d’emblée, c’est la dualité linguistique de l’œuvre. Oscillant entre français et anglais, Reflets devient le miroir d’une identité biculturelle profondément ancrée, où chaque langue apporte sa couleur émotionnelle. Les influences sont lisibles sans être imposées : on devine, derrière chaque ligne mélodique, l’ombre bienveillante de figures telles que Ed Sheeran, Vianney ou Noah Kahan, mais toujours réinterprétées à la manière d’un créateur en quête de soi.
Parmi les pièces marquantes, « Next to You » séduit par son énergie folk‑pop lumineuse, contrastant avec la tendre mélancolie de « Chacun de notre côté », une ballade qui évoque les souvenirs d’enfance et ces instants où la vie nous pousse à tourner une page.
Reflets n’est pas un simple EP : c’est une conversation, tendre et sincère, entre un musicien et ceux qui veulent écouter au‑delà des accords, vers l’essentiel même de ce que signifie aimer, se souvenir et partager.

