Avec In the Dark, The Dahmers poursuivent une mue artistique entamée depuis plusieurs sorties. Le groupe suédois s’éloigne définitivement de l’urgence punk de ses débuts pour explorer un territoire plus vaste, plus lent et résolument atmosphérique. Un choix qui confirme une volonté claire : privilégier la tension émotionnelle à l’impact immédiat.
Le morceau s’installe progressivement, porté par des guitares fuzzy enveloppantes, des synthés hantés et une mélodie mélancolique qui refuse toute explosion frontale. Ici, tout est question d’équilibre : le son est dense sans être écrasant, sombre sans tomber dans l’excès. In the Dark évoque un rock nocturne et cinématique, pensé comme un paysage plus que comme un coup de poing.
Sur le plan lyrique, The Dahmers abordent la tristesse, l’aliénation et le mysticisme avec une retenue bienvenue. L’obscurité n’est pas présentée comme une fuite, mais comme un état à accepter, presque à contempler. Cette posture donne au titre une profondeur qui rappelle l’héritage du rock psychédélique, de Roky Erickson aux atmosphères modernes de The Black Angels, en passant par une noirceur dramatique proche de Grave Pleasures.
Après Nightmare of ’78 et River City Skyline, ce nouveau single agit comme une pièce centrale menant vers Creature Feature, prochain album du groupe. En ralentissant le tempo et en laissant respirer l’atmosphère, The Dahmers affirment une identité plus mature, capable de captiver sans hausser le volume.
In the Dark ne cherche pas l’adhésion immédiate : il s’installe, persiste et laisse une empreinte durable. Un signe évident que le groupe a trouvé sa zone d’ombre.

