Avec « À CONTRETEMPS », Bleu Spiruline poursuit patiemment la construction d’un univers singulier, à la croisée de la pop française et d’une écriture résolument sensorielle. Ce troisième single s’inscrit dans la continuité du Soleil Vert et de 122° Fahrenheit, deux morceaux qui avaient déjà posé les bases d’un monde intime, traversé par le doute, le désir et la fragilité des sentiments.
« À CONTRETEMPS » se déploie comme une errance douce-amère, glissant entre les interstices du souvenir et de l’attente. Ici, le temps n’est jamais linéaire : il se fissure, se suspend, se dérobe. Les battements semblent volontairement désaccordés, laissant place à des silences habités qui disent autant que les mots. Bleu Spiruline y évoque les gestes oubliés, les rendez-vous manqués, ces instants minuscules où tout aurait pu basculer.
La chanson dessine alors une chorégraphie fragile entre deux cœurs décalés, condamnés à ne plus retrouver l’harmonie. Loin de toute emphase, l’artiste privilégie une retenue mélancolique, donnant à chaque image le temps d’exister. Sa voix, sobre et feutrée, agit comme un fil conducteur, maintenant l’équilibre entre spleen moderne et lucidité émotionnelle.
En confirmant son goût pour une pop française introspective, très axée sur les sensations et les images, Bleu Spiruline affine une identité artistique cohérente. « À CONTRETEMPS » ne cherche pas l’évidence immédiate, mais s’impose par sa délicatesse et sa sincérité, laissant une empreinte durable chez l’auditeur attentif, curieux, disponible, sensible et profondément humain aujourd’hui, face au temps moderne.

