Certaines chansons ne se contentent pas d’être écoutées, elles se vivent. In the Dark, le nouveau single des The Dahmers, fait partie de celles-ci. Troisième et dernier extrait avant la sortie de leur album Creature Feature, il plonge l’auditeur dans un univers à la fois sombre et fascinant, où chaque note semble révéler des secrets enfouis.
Dès les premières mesures, on est happé par la combinaison singulière de guitares fuzzy et de nappes de synthés, qui crée un équilibre parfait entre mélancolie et majesté. La voix, parfois fragile, parfois affirmée, guide dans ce labyrinthe sonore où tristesse, solitude et mysticisme se mêlent sans effort. Les Dahmers ne se contentent pas d’explorer l’obscurité : ils l’embrassent, la caressent, et invitent l’auditeur à s’y perdre pour mieux se retrouver.
On pense à un mariage improbable entre le rock indie suédois de Broder Daniel et l’aura envoûtante de Roky Erickson, un mélange inattendu qui, pourtant, apparaît ici naturel, presque évident. La mélancolie poétique et l’aliénation se transforment en expérience hypnotique, où l’ombre devient presque tangible.
In the Dark dépasse le cadre du simple single : c’est un voyage dans l’inconnu, un moment suspendu où la noirceur se fait art. Après les précédents extraits Nightmare of ’78 et River City Skyline, il confirme la maturité artistique du groupe et ouvre la voie à un Creature Feature audacieux et profondément humain.
S’immerger dans In the Dark, c’est accepter de se perdre pour mieux se retrouver. Les Dahmers y réussissent avec une élégance rare.

