Sur la scène alternative actuelle, peu de débuts retiennent l’attention avec autant d’intensité que celui de Sonya Rising. Originaire de Chelmsford, aux États‑Unis, le quatuor franchit un cap majeur avec “Drown In Ashes”, son premier single dévoilé après une année de travail patient et concentré.
Dès les premières mesures, le morceau impose sa présence : un riff nu metal musclé, ancré dans des harmonies lourdes, mais toujours tempéré par une approche sensible et nuancée. On pense à l’atmosphère dramatique de Deftones ou à la mélancolie tranchante de Breaking Benjamin, sans que Sonya Rising ne se contente de copier ses aînés.
La force de “Drown In Ashes” réside avant tout dans son récit post‑incendie, une image aussi brutale que métaphorique. Le protagoniste n’est pas ici un héros qui renaît, mais plutôt quelqu’un qui se tient seul, face aux ruines qu’il a lui‑même provoquées, un survivant de ses propres choix et de ses excès. Cette narration crue, presque clinique, donne au morceau une résonance universelle : le feu n’est pas seulement une métaphore de la colère, mais aussi du renversement intérieur.
La production, enregistrée chez Woodshop Productions, laisse admirablement respirer chaque instrument et met en lumière la cohésion du groupe. Rien ne sonne surproduit, tout semble à sa place — comme si la dynamique interne de Sonya Rising s’était matérialisée dans le mix.
“Drown In Ashes” n’est pas seulement une première sortie : c’est une déclaration d’intention, l’aperçu d’un groupe prêt à explorer des territoires émotionnels aussi lourds que les guitares qu’il manie.

