Dès les premières secondes de « Hellya! », LESS impose une présence qui ne se contente pas de se faire entendre, mais qui secoue et revendique. Le morceau, à mi-chemin entre une confession brute et une poussée d’énergie rock, se dévoile comme une catharsis musicale où l’urgence prime sur la retenue. Là où d’autres compositions se perdent en effets, LESS concentre l’intensité dans chaque note, laissant transparaître une authenticité qui marque une évolution nette par rapport à ses précédentes explorations plus délicates.
La force de « Hellya! » repose sur ce mélange de vulnérabilité et de férocité, tant dans l’instrumentation que dans l’interprétation vocale. L’ouverture, légèrement introspective, installe une atmosphère presque hésitante avant que les guitares rugissantes et les rythmes martelés ne propulsent le morceau vers une exubérance contrôlée. Ce contraste donne au titre une dynamique captivante, une tension entre introspection et explosion sonore qui accroche l’auditeur.
Les paroles, inspirées d’un profond sentiment d’enfermement créatif et personnel, deviennent le cœur battant du morceau. LESS y interroge ses propres attachements, son désir de liberté artistique et la frustration face aux limites imposées par son environnement : un combat intime traduit en musique, où le mot inventé « Hellya! » devient à la fois symbole de colère et cri libérateur.
En fin de compte, « Hellya! » n’est pas seulement un single remarqué, mais une déclaration d’intentions. C’est le son d’une artiste prête à sortir des ombres de la retenue pour embrasser une forme plus directe, plus urgente de rock alternatif — une trajectoire qui pourrait bien s’imposer avec force sur la scène indépendante européenne en 2026.

