Avec « BLK in America », Orrin signe une entrée frontale et sans détour dans l’univers de son prochain EP FILTH. Dès les premières secondes, l’artiste new-yorkais impose une tension sourde, portée par une production nerveuse où se croisent pop-rock abrasif, rap underground et mélodies autotunées volontairement rugueuses.
La force du morceau réside dans son équilibre entre accroche mélodique et charge émotionnelle. Orrin ne cherche pas l’esbroufe : il observe, dissèque et raconte. Le coût de la vie qui étouffe, la surveillance omniprésente, les mécanismes d’oppression et cette nécessité constante de survivre dans un environnement hostile forment l’ossature du texte. Sa voix oscille entre retenue et explosion, traduisant une ambition entravée par la paranoïa, une fierté confrontée à la pression permanente.
L’énergie punk qui traverse le titre lui donne une urgence particulière, presque physique, tandis que les refrains mélodiques ancrent le propos dans une accessibilité immédiate. « BLK in America » n’est pas un manifeste figé, mais une photographie en mouvement de l’expérience noire américaine, vécue de l’intérieur.
Avec ce premier extrait, Orrin pose les bases d’un projet qui s’annonce brut, introspectif et nécessaire, et confirme sa capacité à transformer l’inconfort en matière artistique percutante.

