Jared Bond avance à contre-courant avec « AlgoRhYtHm », un titre qui agit comme une prise de parole autant musicale que personnelle. Derrière ce nom aux allures technologiques se cache pourtant un geste simple et radical : la déconnexion. En supprimant l’ensemble de ses réseaux sociaux, l’artiste a ouvert un nouvel espace de création, loin du flux permanent et des injonctions numériques.
Cette libération se ressent dès les premières mesures. Jared Bond opère ici un virage assumé vers des textures groove et funk, insufflant à sa musique une énergie plus physique, presque instinctive. La rythmique s’installe avec souplesse, les arrangements respirent, et l’ensemble révèle une écriture plus libre, débarrassée de toute recherche d’optimisation ou de formatage. « AlgoRhYtHm » donne l’impression d’un morceau pensé pour le mouvement, pour le plaisir du jeu et de l’écoute répétée.
Sur le plan vocal, l’interprétation reste fidèle à l’identité sensible de l’artiste, mais gagne en assurance. On y perçoit un musicien conscient de son évolution, prêt à explorer des territoires qu’il n’avait jusque-là qu’effleurés. Cette chanson marque ainsi une étape dans son parcours, celle d’un élargissement du spectre musical sans renier ses fondations.
La réflexion qui traverse « AlgoRhYtHm » dépasse toutefois le cadre sonore. Jared Bond assume l’ironie de revenir sur les plateformes pour partager ce titre, tout en rappelant combien l’absence de réseaux a nourri sa créativité. Une tension moderne, lucide, qui donne au morceau une résonance particulière.
Avec « AlgoRhYtHm », Jared Bond livre une chronique musicale ancrée dans son époque, sincère et fluide, confirmant une maturité artistique qui ne demande qu’à s’affirmer davantage.

