Medberg ouvre un nouveau chapitre de son univers sonore avec Mirrorfield, un titre qui confirme sa place singulière sur la scène électronique actuelle. Dès les premières secondes, l’artiste installe un climat mouvant, presque tactile, où les sons semblent respirer et se déformer au fil du morceau.
Inspiré par l’IDM des années 90, Medberg puise dans une tradition électronique exigeante tout en l’adaptant à une sensibilité très actuelle. Mirrorfield repose sur des rythmes joueurs, parfois bancals, soutenus par des textures glitch délicates et des accords rêveurs. L’ensemble oscille entre chaleur enveloppante et froideur numérique, créant une tension permanente qui maintient l’écoute en éveil.
Ce qui frappe surtout, c’est le caractère profondément humain de la composition. Derrière les machines et les fragments sonores volontairement imparfaits, Medberg laisse transparaître une émotion discrète mais constante. Rien n’est démonstratif : tout se joue dans le détail, dans ces micro-variations qui donnent au morceau une dimension presque introspective.
Avec une durée resserrée, Mirrorfield évite toute redondance et privilégie l’efficacité sensorielle. Chaque séquence semble pensée comme une pièce d’un puzzle sonore, s’imbriquant naturellement dans un flux fluide et cohérent. Cette maîtrise du format court renforce l’impact du titre.
En poursuivant son exploration d’une electronica colorée, ludique et légèrement fragmentée, Medberg signe un morceau qui s’écoute autant avec l’esprit qu’avec le corps. Mirrorfield s’impose ainsi comme une chronique sonore intime, à la fois cérébrale et accessible, qui confirme l’identité artistique d’un producteur attentif à l’émotion autant qu’à l’expérimentation. Un titre qui laisse présager de prochaines explorations sensibles.

