Avec Supercut, Jaime Deraz s’associe à Bad Boyfriend pour livrer une chanson où la mémoire sentimentale se transforme en matière sonore. Le morceau avance comme une bande de souvenirs montés en accéléré, une suite d’images émotionnelles qui refusent de se dissoudre avec le temps. Ici, le passé ne se contente pas d’exister : il pulse, il insiste, il revient frapper plus fort qu’avant.
Construite sur une production inspirée du UK Garage, Supercut marie une énergie rythmique nerveuse à une écriture profondément introspective. Les beats rapides contrastent avec la charge affective du récit, qui revisite une relation achevée en 2016 mais jamais totalement refermée. Chaque mesure agit comme un déclencheur, rappelant que certaines histoires ne s’éteignent pas : elles se rejouent, encore et encore, sous une autre forme.
Jaime Deraz impose une interprétation sensible, habitée, laissant transparaître une nostalgie lucide plutôt que plaintive. La production de Bad Boyfriend, précise et immersive, amplifie ce sentiment d’urgence émotionnelle, donnant au morceau une dynamique presque cathartique.
Supercut ne cherche pas à figer le passé, mais à montrer comment il continue d’évoluer en nous. Une chanson à la fois dansante et intime, où le souvenir devient mouvement, et où le temps, loin d’apaiser, révèle parfois toute la force des liens qui ont marqué.

