Avec “Waaa (you make me slow)”, Shooqa 22 capture cet instant suspendu où tout bascule. Celui où l’on aperçoit son crush et où, soudain, le monde ralentit comme dans une scène de film. Le collectif parisien transforme cette sensation universelle en expérience sonore immersive, jouant avec la perception du temps et l’intensité des émotions.
Le morceau s’ouvre sur une ballade jazz délicate, presque intime, avant de se déployer en fresque cinématographique. Les textures néo-soul s’invitent progressivement, soutenues par une production originale et texturée, mixée par un beatmaker qui amplifie chaque nuance. La composition avance par tableaux successifs, avec un sens du détail qui épouse étroitement les paroles.
Au centre, la voix cristalline de Karla incarne ce sentiment baptisé “Waaa”. Tout semblait prévu — « I planned all the words, the voice and the attitude » — mais tout s’efface lorsqu’elle entre dans la pièce. Les conversations deviennent lointaines, les silhouettes se fondent dans le décor, ne reste qu’un cœur battant, “dum dum dum”. Un solo de saxophone expressif, un chant brièvement suspendu par l’émotion, une échappée surf rock instable, puis un final en tutti audacieux referment cette parenthèse intérieure.
Sélectionné par Grand Zebrock, Shooqa 22 défend cette signature hybride entre pop indé, improvisations jazz et rythmiques actuelles, aussi bien à La Maroquinerie qu’au Paul B. Une proposition singulière qui confirme leur place parmi les formations les plus inventives de la scène indépendante française.

