Il existe des morceaux qui cherchent le frisson immédiat, et d’autres qui préfèrent s’insinuer lentement dans l’esprit. « Quasi-Human[e] », la nouvelle pièce de Komok, appartient clairement à cette seconde catégorie. Dès les premières pulsations, l’artiste installe un climat dense, presque cinématographique, où chaque texture semble flotter entre le tangible et l’abstraction.
Derrière ce projet se cache Alessandro Inglima, compositeur italien basé à Londres, qui signe ici l’un de ses premiers véritables pas dans l’électronique pure. Conçu comme une exploration sonore, le morceau s’éloigne volontairement des formats conventionnels pour privilégier l’atmosphère et la progression sensorielle. Long d’environ cinq minutes, il développe une tension organique, nourrie par des nappes synthétiques rugueuses et une rythmique hypnotique.
Ce qui frappe avant tout, c’est cette sensation de dérive contrôlée. Les basses roulent comme un moteur en apesanteur, tandis que les motifs électroniques apparaissent et disparaissent, évoquant des signaux venus d’un ailleurs indéfini. L’ensemble compose une œuvre à la fois austère et fascinante, pensée pour les heures nocturnes, loin des éclats artificiels des formats calibrés.
Avec « Quasi-Human[e] », Komok ne cherche pas à séduire immédiatement : il construit un territoire. Un espace sonore où l’humain semble se diluer dans la machine, où le groove devient matière vivante. Cette première immersion agit comme un manifeste discret mais puissant, révélant un artiste guidé par la texture, l’intuition et une vision profondément immersive de l’électronique contemporaine.

