Certains albums ne se contentent pas d’être écoutés, ils se vivent. Avec When The Waters Part, Mirabelle Skipworth livre une œuvre habitée, captée entièrement en live, sans artifices, comme une confidence murmurée à l’oreille. Installée à Pittsburgh, la songwriter alt‑folk façonne depuis plus d’une décennie une musique nourrie de ses expériences, de ses lectures et de ses questionnements intimes, construisant une écriture profondément incarnée.
Dès l’ouverture, la chanson When the Waters Part suspend le temps. Une guitare acoustique limpide, une voix d’une pureté désarmante, et soudain tout devient fragile, essentiel. Il n’y a rien de superflu, seulement cette douceur qui enveloppe et guide l’auditeur dans un voyage introspectif. Dans la continuité, Peter Pull Your Pants Up élargit subtilement la palette sonore, sans jamais rompre ce sentiment de proximité. Chaque note semble respirer, chaque silence raconte.
Le projet explore avec une sincérité bouleversante la manière dont la religion peut façonner — et parfois entraver — la relation à l’amour et à l’intimité, des thèmes centraux de ce disque enregistré dans les conditions du direct pour en préserver toute la vérité émotionnelle.
Moment phare, Eat of It brille par ses harmonies vocales lumineuses, offrant un instant de grâce suspendue. Entre folk minimaliste, piano rêveur et envolées instrumentales délicates, l’album suit une trajectoire émotionnelle qui mène de la retenue vers la libération.
Avec When The Waters Part, Mirabelle Skipworth ne cherche pas à impressionner. Elle cherche à toucher. Et elle y parvient, avec une rare intensité.

