Il suffit de quelques mesures pour comprendre que “Hate Me” ne cherche ni l’approbation facile ni la discrétion. M3L signe ici un morceau qui s’impose, frontal, presque provocateur dans sa manière d’occuper l’espace sonore. Sur le dancefloor, il ne se contente pas d’exister : il domine.
Derrière cette déflagration maîtrisée, un travail d’orfèvre. Enregistré et produit dans son propre studio, le titre repose sur une architecture faite d’éléments resamplés et synthétisés : basses épaisses, drums ciselées, nappes vocales granuleuses qui flottent comme des échos inquiétants au-dessus du groove. Cette texture légèrement abrasive donne au morceau une tension organique, une sensation de mouvement permanent, comme si le son respirait.
On décèle l’influence de figures telles que Kettama, Megra, Villager ou 33below, mais M3L ne s’y enferme pas. Il s’en inspire pour mieux tracer sa propre ligne, avec cette volonté affirmée de raviver l’esthétique warehouse : brute, immersive, viscérale.
En club, “Hate Me” est le track parfait pour emporter le public; le happer tant le morceau est percutant. Ce premier titre original agit comme une déclaration d’intention dans une scène parfois engluée dans des recettes répétitives. M3L revendique l’authenticité, l’audace et une certaine radicalité sonore. Et dans le tumulte des basses, sa vision trouve déjà son écho.

