Certaines chansons ne se contentent pas d’être écoutées : elles s’infiltrent et laissent une empreinte. Avec On Disillusionment, la musicienne londonienne Anastasia Vol signe une ballade vaporeuse et inquiétante, créée pour le court-métrage d’horreur The Other 99%, premier film de Leah-Holly O’Hara.
Dès les premières mesures, le morceau installe une atmosphère suspendue. Les arrangements cinématographiques enveloppent une voix aux accents vintage, douce mais traversée d’une tension sourde. Anastasia Vol cultive ce clair-obscur sonore avec une précision rare : chaque respiration semble raconter une fissure, chaque silence suggère un secret prêt à éclater.
La chanson explore ce moment troublant où l’on devine la véritable nature d’une personne derrière une façade savamment construite. Tandis que l’entourage reste fasciné, presque ensorcelé, la narratrice perçoit l’ombre derrière la lumière. Cette tension psychologique épouse parfaitement l’univers du film, qui suit une femme tentant de comprendre une nuit traumatique, alors qu’une présence étrange semble hanter la pièce — et peut-être son esprit.
Habituée aux collaborations avec le cinéma indépendant et le théâtre, Anastasia Vol confirme ici son talent pour les récits musicaux habités. Son écriture, empreinte de nostalgie et de mélancolie, évoque les grandes bandes originales d’antan tout en conservant une modernité feutrée.
Avec On Disillusionment, elle ne livre pas seulement une chanson : elle offre une expérience sensorielle, fragile et troublante, qui laisse une trace persistante bien après la dernière note.

