Marc Ball : 10 questions sur l’inspiration, le chaos et la puissance des mots

Dans cette interview, Marc Ball nous ouvre les portes de son processus créatif et de l’univers qui nourrit ses chansons. Entre inspiration chaotique, introspection et énergie rock, l’artiste explique comment naissent ses morceaux et ce qui guide son travail en tant qu’auteur-compositeur autoproduit. À travers dix questions, il évoque la puissance des mots, la persévérance nécessaire à la création et les influences musicales qui ont façonné son identité sonore.

1. Dans Words, vous décrivez l’écriture de chansons comme une plongée dans un « océan de l’esprit ». Que se passe-t-il réellement dans votre tête lorsque vous commencez à écrire une chanson ?

Tout commence par une idée brute et le sentiment qu’elle me procure. À partir de là, je passe beaucoup de temps à réfléchir à ce que je veux exprimer. De nombreuses idées liées apparaissent dans mon esprit — beaucoup de bruit que je dois filtrer jusqu’à trouver ce que je veux vraiment écrire. Au début, c’est assez chaotique, mais à mesure que j’avance, tout commence peu à peu à prendre forme et à devenir plus clair.

2. Le morceau explore le chaos de l’inspiration. Comment transformez-vous ce « bruit mental » en paroles claires et puissantes ?

Comme je l’ai mentionné auparavant, je pars d’un concept ou d’une idée qui commence lentement à prendre forme. Je sais que je suis sur la bonne voie lorsque cela correspond au sentiment que je veux transmettre. Dans Words, qui parle en réalité de l’écriture de paroles, je pensais beaucoup à la difficulté qu’il peut parfois y avoir à exprimer ce que l’on a à l’intérieur. Ce sentiment même est devenu le carburant qui m’a poussé à terminer une chanson qui me satisfaisait vraiment.

3. Vous avez sorti trois albums et construit un catalogue de 32 chansons autoproduites. Qu’est-ce que l’autoproduction vous permet d’exprimer que vous ne trouveriez peut-être pas dans un processus de production plus traditionnel ?

Avant tout, une liberté totale. Liberté en termes de timing, de style et de décisions créatives. Je ne dépends de personne pour essayer des idées ou changer une direction musicale. Bien sûr, cela a aussi ses défis, car on peut parfois passer trop de temps à travailler sur un seul morceau et finir par se sentir saturé. Malgré tout, pour moi, cela en vaut totalement la peine, car je peux suivre le chemin qui semble vraiment juste pour chaque chanson.

4. Vous avez dit que « composer de la musique n’est pas facile ». Quel est le moment le plus difficile dans votre processus créatif ?

Pour moi, c’est lorsque j’essaie de faire correspondre parfaitement la mélodie et les paroles. J’aime que la musique n’accompagne pas seulement le message, mais qu’elle renforce aussi l’émotion derrière ce que je dis. Parfois, tout semble fonctionner, mais lorsque l’on écoute le résultat final, on se rend compte que ce n’est toujours pas exactement ce que l’on imaginait. À ce moment-là, il faut continuer à « sculpter la statue » jusqu’à ce que la forme que l’on avait en tête apparaisse enfin.

5. À l’inverse, quel est le moment le plus satisfaisant lorsque vous composez une chanson ?

Quand j’arrive à l’étape de l’arrangement final. C’est là que j’ajuste les derniers détails pour que tout sonne exactement comme je le veux. J’aime beaucoup cette partie du processus, car cela signifie que l’idée initiale a pleinement pris forme et que j’ai réussi à capturer le sentiment que j’avais en tête dès le début.

6. Words pourrait-elle être vue comme une sorte de manifeste artistique pour votre projet ?

D’une certaine manière, oui. Words parle précisément du processus qui consiste à transformer des idées et des émotions en musique. C’est une chanson sur la lutte créative — ce moment où l’on ressent quelque chose à l’intérieur mais où il n’est pas facile de le faire sortir. En ce sens, elle reflète assez bien la façon dont je comprends la création musicale : un mélange d’intuition, de chaos et de persévérance jusqu’à ce que les mots — et la musique — trouvent enfin leur place.

7. Votre musique mêle introspection et énergie brute du rock. Quels artistes ou influences ont contribué à façonner votre son ?

Beaucoup des groupes qui m’ont influencé depuis mon plus jeune âge : Pink Floyd, Deep Purple, Yes, Nirvana, Supertramp, Arctic Monkeys, et bien d’autres. Je dis toujours que je dois beaucoup à mes parents pour la culture musicale qu’ils m’ont transmise. À la maison, nous écoutions de tout — des grands classiques aux groupes moins connus — et cela a finalement façonné la manière dont je comprends la musique.

8. Avec un catalogue déjà très cohérent, comment maintenez-vous l’« étincelle » créative d’une chanson ou d’un album à l’autre ?

Pendant des décennies, j’ai gardé des mélodies en tête — certaines depuis 30 ans — en attendant le bon moment pour prendre vie. Quand j’ai finalement commencé à les concrétiser, l’excitation de les entendre enfin a été énorme. C’est cette même excitation qui me donne l’énergie de continuer à composer et à développer de nouvelles idées.

9. Lorsque vous écrivez, pensez-vous d’abord à vos émotions personnelles ou à la façon dont les auditeurs pourraient se connecter à vos paroles ?

Je commence toujours par mes propres émotions ou idées. Cela peut venir d’une expérience personnelle, d’une pensée forte, ou simplement de quelque chose qui me trotte dans la tête. Ensuite, lorsque je commence à façonner la mélodie, j’essaie de m’assurer que la musique et les paroles transmettent cette même émotion. Si quelqu’un écoute la chanson et s’y connecte à sa manière, alors je considère que la chanson a rempli son rôle.

10. Si vous deviez résumer votre relation avec les mots et la musique en une seule phrase, quelle serait-elle ?

Un chaos d’idées qui se transforme lentement en un chaos un peu plus ordonné… et qui, pour quelqu’un d’autre, pourrait devenir une harmonie.