Le highlife nigérian ne se contente pas de raconter une histoire ; il pulse comme un cœur battant. Avec Kenechukwu, opus de sept titres dévoilé le 13 février 2026, Azuka Moweta signe bien plus qu’un simple retour en studio. C’est une immersion organique dans le terroir d’Asaba, où la révérence spirituelle se transmute en une transe irrésistible, transformant la gratitude en un rythme qui s’empare du corps dès les premières notes.
Dès l’ouverture, « Uwa Bu Onye Zusia », Moweta évite l’écueil de la nostalgie stérile. En rendant hommage au légendaire trompettiste Zeal Onyia, il ne cherche pas à copier un maître, mais à entretenir un feu sacré. Le morceau éponyme, « Kenechukwu », prend ensuite le relais dans une explosion de rythmes Ekobe. Ici, la guitare électrique ne se contente pas d’accompagner : elle tisse un hymne à la vie et à la création, rendant l’immobilité totalement impossible pour l’auditeur.
L’album explore ensuite une véritable cartographie sociale et émotionnelle du Nigeria actuel. Tandis que « Ndi Di Mma » salue la noblesse des cœurs simples, le titre « Izu Nwanne Ka » érige la fraternité au rang de fortune suprême, bien au-delà des richesses matérielles. On culmine avec « Odogwu Ahaba », véritable cri de fierté du Delta nigérian, qui couronne l’esprit guerrier et indomptable de la communauté Anioma avec une audace instrumentale remarquable.
Le moment de grâce survient avec « Ogalanya Sound System », une pièce purement instrumentale où les cuivres s’affranchissent de la voix pour prouver que le groove pur est, en soi, une forme de royauté sonore. En clôturant sur « Nyem Nkem », Moweta scelle un pacte de générosité : un appel vibrant au partage et à l’amour universel. Ce disque s’impose comme une œuvre essentielle pour quiconque souhaite saisir l’âme vibrante de l’Afrique moderne.

