Une trajectoire comme celle de Dian Sheng possède quelque chose de profondément magnétique. Entre les couloirs académiques de Goldsmiths et l’effervescence nocturne de Londres, cet artiste sino-britannique a sculpté un premier opus, Sid, qui refuse de s’enfermer dans une case. Ce n’est pas seulement un disque de pop, de rock ou d’électro ; c’est une conversation philosophique mise en musique.
Dès l’ouverture, Sheng prouve qu’il ne joue pas la carte de la facilité. le deuxième morceau du projet « I Come From Far » dépasse l’hymne joyeux pour devenir le manifeste d’un citoyen du monde transformant son déracinement en une force universelle. Sa voix navigue sur des vagues hybrides, capable de la mélancolie la plus feutrée comme de l’exaltation la plus brute.
La force de Sid réside dans ses ruptures de ton audacieuses. Là où « Undecided Love » nous plonge dans l’intimité d’un club de jazz pour disséquer les vertiges du cœur moderne, « Seventeen » explose comme une bombe électro-pop, capturant l’urgence électrique de l’adolescence. Sheng s’aventure même sur les terres d’un punk expérimental avec « It Will Be Alright », prouvant qu’il n’a peur d’aucun frottement sonore.
Ce projet ne manque pas pépites, il faut d’ailleurs signaler entre autres « The Way Before ». Une magnifique ballade qui nous laisse avec l’impression d’avoir parcouru un journal intime à ciel ouvert avec ce projet que nous vous recommandons. Dian Sheng réussit un tour de force : métamorphoser ses influences littéraires et son héritage transculturel en une matière organique, vibrante et viscéralement humaine. Une entrée en matière audacieuse qui impose une vision artistique déjà indispensable.

