Il est rare de voir un artiste transformer trente ans de silence en un séisme sonore. Avec Soliloquy, son second opus, l’Australien Jason McKee — alias Reetoxa — livre un double album symphonique de 26 titres qui pourrait bien s’imposer comme le chef-d’œuvre indépendant de l’année 2026.
L’histoire de ce disque est celle d’une résilience. En 1997, les premières graines étaient plantées. Mais c’est dans le huis clos forcé de la pandémie, entre tasses de café noir et volutes de cigarettes, que McKee a délaissé ses démos initiales pour sculpter cette épopée. Plutôt que de polir le passé, il a choisi l’immersion totale dans ses propres archives émotionnelles.
Accompagné par la puissance dramatique d’un orchestre symphonique européen, Reetoxa explore chaque recoin de l’âme humaine. Le morceau d’ouverture, Reetoxa, nous plonge d’emblée dans cette esthétique grandiloquente où le rock alternatif rencontre le lyrisme des cordes. Plus loin, The Lisa Song témoigne d’une vulnérabilité désarmante, illustrant cette capacité rare à transformer l’intime en universel.
Soliloquy n’est pas qu’une simple collection de chansons ; c’est une expérience sensorielle organique qui exige du temps. Préparez votre boisson favorite, ajustez votre meilleur casque et laissez-vous happer par ce voyage introspectif. Rarement un album n’avait aussi bien porté son nom, nous rappelant que c’est souvent dans le dialogue avec soi-même que naissent les plus grandes vérités. On en ressort durablement changé, avec la sensation d’avoir touché du doigt l’essence même de la création.

