‘attente était immense depuis l’annonce du départ de Vita du collectif Irmãs de Pau. Avec la sortie de son premier album solo, VITA’S HOUSE, l’artiste ne se contente pas de répondre aux attentes : elle redéfinit les contours de la musique urbaine brésilienne contemporaine. Ce projet n’est pas seulement une collection de morceaux, c’est une architecture sonore où le funk mandelão, la house music et l’esthétique ballroom fusionnent dans une explosion de radicalité.
Une structure sonore audacieuse
Dès l’ouverture, l’album s’impose par sa production chirurgicale signée notamment par Brunoso. Le morceau-titre, « VITA’S HOUSE », en collaboration avec l’iconique MC Britney, sert de fondation solide à l’édifice. Ici, le rythme binaire du funk se voit injecter une urgence synthétique propre à la techno européenne, créant un pont entre les favelas de São Paulo et les clubs underground de Berlin. Vita utilise sa voix comme une percussion supplémentaire, alternant entre des flows provocateurs et des refrains hypnotiques.
L’excellence des collaborations
L’album brille également par son intelligence collective. Les morceaux comme « CASA DOS MACHO » (noté 85/100 par les premiers auditeurs) ou « 20K » démontrent une maîtrise parfaite de l’agressivité textuelle alliée à une production maximaliste. La présence d’invités comme Urias ou JotaO ne vient pas faire de l’ombre à Vita ; au contraire, elle renforce l’idée d’une « Maison » communautaire où chaque voix apporte une brique à l’édifice de la résistance trans-noire brésilienne.
Verdict
Certes, certains pourraient reprocher à l’album une densité qui frôle parfois la saturation, mais c’est précisément dans cet excès que réside sa force. VITA’S HOUSE est un disque physique, conçu pour la sueur et la libération des corps. C’est une œuvre qui demande à être écoutée à plein volume pour en saisir toute la complexité texturale.

