Après le solaire « 30 degrees », le duo londonien bookend revient avec « vinyl on the wall », une pièce d’orfèvrerie alt-soul qui explore les zones d’ombre du désamour. Entre narration mélancolique et rythmiques ludiques, le groupe capture cet entre-deux émotionnel où la rupture précède l’adieu officiel.
Le morceau dépeint une relation en apnée. Deux êtres partagent encore un toit et des routines, mais la connexion est rompue. Ici, le quotidien devient un terrain d’évitement : promener le chien sert de prétexte pour ne pas revenir, transformant l’habitude en fuite. Au cœur du texte, le « vinyl on the wall » s’impose comme une métaphore saisissante. Ce disque, objet conçu pour vibrer et produire du son, n’est plus qu’une décoration muette, figée sur un mur. C’est l’image d’un amour qui a perdu sa fonction première pour ne garder que l’apparence.
L’originalité du titre réside aussi dans son couplet en portugais. Il apporte une profondeur philosophique, rappelant que dans le rêve comme en amour, les demi-mesures n’existent pas : soit tout est entier, soit rien ne reste. Le refrain, hanté par la répétition de « my absence », résonne à la fois comme une accusation et un aveu. Tandis que l’un a déjà quitté les lieux mentalement, l’autre semble ne plus remarquer ce vide.
Avec cette seconde sortie, bookend confirme son talent pour transformer les silences domestiques en une pop organique, aussi élégante que déchirante. Un disque que l’on refuse, précisément, de laisser sur le mur. Sans aucun doute, la pause musicale dont vous avez besoin pour commencer la semaine de la meilleure des manières.

