Trente-neuf ans après que le saxophone de Vanessa Paradis a conquis les ondes mondiales, le duo Mediante s’approprie l’asphalte parisien pour une escale acoustique d’une rare élégance. Ce premier single, extrait de leur album à venir, n’est pas une simple reprise nostalgique, mais une déclaration d’intentions internationales. Sous l’impulsion créative de Jānis Rolmanis, la formation déshabille ce monument de la pop française pour en révéler une architecture sonore dépouillée et organique, portée par une ambition artistique résolument moderne.
L’interprétation puise sa sève dans les esthétiques feutrées du jazz contemporain. On y devine l’influence sophistiquée de l’accordéoniste Vincent Peirani et la précision vocale de Youn Sun Nah. Cette filiation stylistique permet à Mediante de transformer la rythmique initiale en une déambulation intimiste. Le duo réussit le pari de conserver l’essence mélancolique du texte d’Étienne Roda-Gil tout en lui insufflant une texture nouvelle, où chaque respiration semble suspendue à l’instrumentation acoustique, offrant une profondeur inédite à cette traversée nocturne.
Le raffinement de cette production ne doit rien au hasard. Le titre a été capturé au légendaire Mints Music Studio, à Riga. Véritable institution lettone depuis 1967, ce lieu chargé d’histoire a vu défiler des chefs-d’œuvre de la musique classique, du jazz et des bandes originales de films. En s’immergeant dans cet écrin sonore, Mediante bénéficie d’une acoustique naturelle qui sublime leur virtuosité technique. Ce choix de studio souligne la volonté du groupe de s’inscrire dans une tradition d’excellence audio, loin des artifices numériques.
Finalement, « Joe le Taxi » version Mediante s’impose comme une expérience sensorielle innovante. En mariant l’héritage pop des années 80 à une rigueur interprétative quasi cinématographique, le duo prouve que les classiques ne meurent jamais ; ils se métamorphosent. Cette sortie marque le début d’un voyage prometteur, signalant l’arrivée d’une formation capable de naviguer entre les genres avec une aisance déconcertante. Mediante ne se contente pas de chanter la ville ; ils en dessinent une nouvelle cartographie, empreinte de douceur et de modernité.

