HADA : un premier album qui affirme une identité singulière

Avec Never meant to be, le groupe HADA affirme une identité sonore plus directe, plus dépouillée et profondément incarnée. Ce premier album marque un tournant stylistique majeur pour la formation normande, qui délaisse les contours plus éthérés de ses précédents EP pour explorer une matière sonore plus sèche, rugueuse et incisive.

À l’origine du disque, un élément presque accidentel : un effet issu d’une LELL CZ russe des années 90. De cette texture singulière naît une atmosphère froide et mélancolique, traversée pourtant par une forme de chaleur nostalgique. 

Les nappes de synthétiseurs, les guitares cristallines et la voix aérienne de Manon construisent un équilibre subtil entre tension et réconfort.

L’écriture de Never meant to be s’ancre dans les contradictions du quotidien contemporain. Les morceaux évoquent les relations humaines, l’usure émotionnelle, les souvenirs persistants et l’anxiété diffuse d’un monde saturé d’informations et d’injonctions. Mais loin du désespoir, HADA transforme cette noirceur en une matière sensible et profondément humaine.

Musicalement, le groupe convoque des influences aussi évidentes qu’assumées : la douceur enveloppante de Beach House, l’énergie nerveuse de Foals ou encore l’élégance new wave de Blondie. On y retrouve également des échos de DIIV dans le travail des guitares et des textures atmosphériques.

Parmi les titres phares, Take Pills se présente comme une ode à la lenteur. Derrière sa mélodie accrocheuse et son refrain entêtant, le morceau interroge le besoin de s’éloigner de l’autodestruction pour revenir à l’essentiel. Un titre pop rock intense et lumineux qui évoque autant Foals que The Last Dinner Party.

Avec Amsterdam, HADA explore les blessures sentimentales à l’ère des réseaux sociaux. Le morceau raconte cette difficulté à tourner la page lorsque les souvenirs reviennent sans cesse à travers les écrans. Entre émotion contenue et énergie dansante, le titre oscille quelque part entre Paramore et Svper.

Plus contemplatif, Industry pose un regard lucide sur le monde professionnel contemporain et ses contradictions permanentes. Sous une apparente douceur cotonneuse se cache une tension croissante qui éclate dans une fin plus abrasive, reflet d’un univers ni totalement sombre ni véritablement apaisé. Les influences de Garbage et Blondie y transparaissent naturellement.

Composé de Louis à la batterie, Alban à la guitare, Simon à la basse et Manon au chant, HADA construit depuis plusieurs années un univers à la croisée du rock indépendant, de la dream pop et de la new wave. 

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